vendredi 30 mars 2007

UCCLE : Vanderkindere: un nœud pour les lignes de tram

Suite de la saga des trams à la place Vanderkindere: le tram 23 continuera à traverser ce fameux carrefour, alors qu’il devait s’agir d’un terminus pour cette ligne. La Stib affirme que ce sera provisoire

Jacques Baiverlin, un ingénieur civil retraité, observe du haut du balcon de son appartement à l’avenue Winston Churchill, les encombrements de trafic à la place Vanderkindere. Homme cartésien, il se dit en toute logique qu’avec l’arrivée des nouveaux trams, plus longs, de la Stib la circulation à ce carrefour pourrait tourner au cauchemar. Petit récapitulatif du problème: la Stib qui s’est dotée de nouveaux trams réorganise son réseau. A l’avenir donc, pour améliorer la desserte, le tram 23, qui relie actuellement le Heysel à Vanderkindere (renforcée par le tram 24, une ligne de soutien), doit impérativement posséder, selon la Stib, un terminus à ce carrefour. Les trams de la ligne 3, qui va de la gare du Nord au rond-point Churchill, traversent également la place Vanderkindere. Dès l’année prochaine, cette ligne, à part entière, sera renforcée par l’arrivée de nouveaux trams, T4000, qui mesurent 42 mètres de long.
Pourquoi impérativement un terminus à Vanderkindere? Trois autres lignes traversent à ce jour ce carrefour: le tram 91 entre Stalle et Louise, le tram 92 entre Fort Jaco et la Gare de Schaerbeek et le tram 90 entre Rogier et Midi. Ce dernier va disparaître dans les plans de la Stib et sera remplacé par la nouvelle ligne 25 qui ira de Rogier à Boondael(sans plus se rendre vers Uccle). De même, le 91 sera supprimé.
Bref, subsisteront au carrefour Vanderkindere: les trams 23 et 3 (terminus), le 92 (inchangé) et la future ligne 4 (chiffre préféré au 51) entre Stalle et Esplanade. En regroupant toutes ces lignes à la place Vanderkindere, la Stib crée un nœud de jonction permettant aux voyageurs de se diriger dans quatre directions vers Stalle, Louise, Albert (et Gare du Midi), et Buyl (et Montgomery).
L’inquiétude de Jacques Baiverlin est de voir ces trams, plus longs, paralyser le trafic automobile. Or, il a une solution simple. «Trop simple», sourit l’ingénieur. «Ne pourrait-on pas imaginer que tous les trams, à l’exception du 92, qui viennent au rond-point Vanderkindere, s’y arrêtent, débarquent leurs passagers, puis fassent demi-tour? On pourrait imaginer un dispositif de signalisation permettant d’éviter la collision entre les trams 92 et 4 sur l’avenue Brugmann». L’idée est séduisante dans la mesure où le trafic ne serait plus gêné, mais les passagers devraient marcher un peu pour rejoindre leur arrêt suivant. La réplique de la Stib, elle, est prévisible: « Nous avons des horaires à respecter. Le conducteur qui s’arrête à un terminus a un temps de pause. De plus, l’idée de signalisation n’est pas réaliste. Pour que le tram 92 puisse continuer normalement sa route, sans être gêné par le tram 4, il faudrait… une troisième voie contournant les deux autres dans l’avenue Brugmann», répond Jean-Michel Mary, responsable à la direction du développement du réseau.
Le «90» disparaît au mois d’avril
Tout récemment, Jacques Baiverlin vient d’apprendre que le tram 23, dont le terminus avait été annoncé à Vanderkindere, poursuivrait finalement son chemin au-delà vers la Gare du Midi. Là on y perd carrément son latin. «Il est vrai que le tram 23 continuera sa route vers Midi», admet Jean-Michel Mary. «Mais ce sera provisoire. Le projet de restructuration est réalisé par phases. Au mois d’avril, la ligne 25, qui remplacera la ligne 90, se rendra à Boondael. Pour compenser cette perte, la ligne 23 continuera jusqu’à Midi».

UCCLE : Centimes communaux sur l’IPP: une taxe illégale?

Le récent conseil communal d’Uccle a voté son budget pour l’année 2007. Il se solde par un boni. Les centimes additionnels au précompte immobilier ont été revus à la hausse. Mais une question délicate se pose: la taxe communale à l’impôt des personnes physiques, votée en 2007 mais touchant les revenus de 2006, pourrait être illégale, car rétroactive…

Avec un boni de 790.000 euros, les finances uccloises parviennent, à l’inverse d’autres communes, à rester dans le positif. Pour atteindre cet équilibre, le Collège ucclois a tout de même augmenté les centimes additionnels au précompte immobilier, portés de 2.300 à 2.425. Cette hausse représente une recette supplémentaire de 3,5 millions d’e (141 millions). «Uccle reste la troisième commune la moins taxée en cette matière après Woluwe-Saint-Pierre et Auderghem», explique l’échevin des Finances, Boris Dilliès. «Mais si l’on ajoute dans la balance les nombreux services que nous offrons, on peut objectivement dire que cette hausse n’est pas liée à un quelconque manque de rigueur de la commune, mais à la nécessité d’un juste équilibre».
Si le précompte augmente, la taxe sur les écrans d’ordinateur, en revanche, qui frappait les entreprises, a été supprimée. Les recettes de cette taxe devraient bientôt être compensées par un fonds régional. De toute man ière, la commune avait d’ailleurs du mal à la percevoir. Comment, en effet, contrôler dans un bureau le nombre d’ordinateurs lorsque ces derniers sont des «portables»?
Au budget d’investissement, qui se chiffre à 30 millions d’euros (121 millions), des travaux de rénovation de voiries sont prévus, comme les aménagements des avenues du Wolvendael et Carsoel. D’autres projets figurent aussi au programme: la rénovation de la salle 1180, le réaménagement du parc du Wolvendael, la modernisation de l’éclairage public ou encore la sécurisation des logements sociaux.
Taxe rétroactive
Lors de ce récent conseil communal, les élus ont également voté le renouvellement sans modification de l’impôt sur les personnes physiques, à un taux de 6%. Cet impôt concerne les revenus de 2006. Le conseiller communal Stéphane de Lobkowicz (opposition) a soulevé, lors du débat, un fameux lièvre en rapportant une décision prise par la Cour d’appel de Mons. «La ville de Lessines a approuvé, en février 2001, une augmentation des additionnels à l’IPP», raconte Stéphane de Lobkowicz. «L’IPP est passé de 7 à 8%. Cette taxe s’appliquait aux revenus de 2000. Un habitant de la localité a introduit un recours estimant la taxe illégale car rétroactive». Pour rappel, toute taxe a quatre principes fondamentaux: la légalité, l’égalité, l’annualité et le principe de non-rétroactivité. «En octobre 2004, la Cour d’appel de Mons, statuant sur le fond, déclarait la taxe illégale», poursuit Stéphane de Lobkowicz. «Le plaignant sera remboursé». En clair, la ville de Lessines aurait dû voter cette taxe avant le 31 décembre 2000 puisqu’elle touche les revenus de 2000.
La situation est comparable à Uccle au détail près que la commune n’a pas modifié son taux. Cette taxe communale, votée tardivement en 2007, peut-elle légalement frapper les revenus de 2006? L’affaire de Lessines pourrait-elle faire jurisprudence? Si oui, les communes bruxelloises, qui viennent seulement de voter les centimes à l’IPP, ne sont pas à l’abri de recours. Seule Schaerbeek a voté la taxe dans les délais. Au cabinet de Maître Afschrift (spécialiste en droit fiscal), on confirme que le problème pourrait bel et bien se poser. Mais que la jurisprudence n’est pas acquise d’office dans ce cas.

FOREST: La boîte rouge de la Poste remplacée… par le facteur!

La Poste a fait le ménage dans les services qu’elle offre à sa clientèle. Pour des questions de rentabilité, les fameuses boîtes rouges, qui servaient à la réception du courrier à envoyer, disparaissent progressivement. Cela ne va pas sans poser problèmes…

Léon Rubin habite un immeuble de l’avenue Minerve à Forest. Comme à chaque fois qu’il désire poster une lettre, il se rend au bas de son immeuble pour glisser son courrier dans la boîte rouge. Mais ce jour-là, stupeur… «La boîte avait purement et simplement disparu», raconte l’habitant. «Cette boîte devait être là depuis 20 ans au moins. Auparavant, nous avions même un bureau de poste, mais il a été supprimé. Maintenant, c’est au tour de la boîte de disparaître. Les immeubles de la Magnanerie comptent 400 appartements. Cela équivaut à une rue de 200 maisons. La plupart des gens qui vivent ici sont âgés. Où doivent-ils se rendre pour déposer leur lettre? Cette boîte desservait non seulement notre immeuble mais tout le quartier».
La rage au ventre, Léon Rubin s’est résigné, pour poster sa lettre, à se rendre au bureau de poste de la place Saint-Denis (l’autre sur Forest se trouvant à l’Altitude Cent). Ajoutez à cela la fermeture récente de l’antenne de poste de la rue Pierre Decoster, on sent l’exaspération monter au nez des Forestois.
«Depuis lors, j’ai appris qu’il y avait encore quelques boîtes rouges dans un rayon de 400 mètres», poursuit Léon Rubin. «Ce que je ne comprends pas, c’est qu’une camionnette de La Poste vient régulièrement «jeter» des sacs de courrier dans les entrées de l’immeuble, à charge pour le facteur de les ouvrir et distribuer dans les boîtes individuelles. Lorsque la camionnette passe pour «jeter» les sacs, son conducteur ne pouvait-il pas récolter le courrier dans la boîte se trouvant à 10 mètres de l’entrée d’un immeuble, sans bouleverser le timing artificiel d’un ordinateur?».
Réponse de la Poste: «Le chauffeur qui est là pour la surchage a un ordre établi à respecter impérativement. Ce n’est pas sa mission de ramasser le courrier». Pourquoi supprimer ces boîtes rouges si pratiques? «Pour des questions de rentabilité», répond le service postal. «Cela nous coûte très cher pour une quantité de volume faible. Mais nous proposons un autre service à notre clientèle: on leur offre une petite affichette. Les gens peuvent la déposer sur leur fenêtre pour ceux qui habitent le rez-de-chaussée ou sur leur boîte aux lettres, de manière à ce qu’elle soit visible au facteur. Lorsque ce dernier voit cette affichette, il sonne chez la personne qui leur remet la lettre à envoyer. Elle peut aussi demander des timbres (remis par le facteur le lendemain) ou remettre un virement. C’est totalement gratuit et mieux qu’une boîte aux lettres».

IXELLES : Les murs de la chaussée d’Ixelles recouverts de tags

Avec l’explosion des tags dans l’avenue Buyl, on pensait avoir atteint le summum de la saleté, mais la chaussée d’Ixelles, surtout entre la place Cocq et Flagey, est encore plus touchée par ce fléau. Pratiquement aucune maison n’a été épargnée…

L’hiver a été néfaste pour les habitations de la chaussée d’Ixelles. Les tagueurs se sont acharnés sur les façades des habitations, les volets des commerces et même le mobilier urbain. Une commerçante déplore, impuissante: «Que voulez-vous faire? On quitte notre magasin le soir. Et le lendemain, on retrouve notre vitrine recouverte de tags. Ils font ça la nuit. Cela donne une mauvaise image du quartier».
On voit de tout: des dessins colorés prétendus artistiques, des graffitis et, sur certains murs, quelques «allumés» se sont même amusés à taguer des «messages» du genre: «Les gens ne croient plus au Père Noël, ils votent». En attendant cette phrase, ô combien citoyenne et participative, pollue la façade d’une maison au coin de la chaussée d’Ixelles.
Au service de Propreté, il existe une cellule anti-tags qui enlève gratuitement ces saletés du mur à la demande du propriétaire. Une convention est, au préalable, signée entre la commune (le Collège) et le propriétaire. Reste que la liste d’attente est beaucoup trop longue. Pour simplifier les démarches, la nouvelle échevine de la Propreté, Delphine Bourgeois, demande que la signature de cette convention intervienne après le détaguage. «Pour l’instant, le délai d’attente est de quatre semaines entre la demande du propriétaire et le travail sur le terrain», explique l’édile. «Notamment parce que la convention doit être signée au Collège. Désormais, on va éviter cette étape et gagner ainsi deux semaines. La convention pourra être signée par le Collège après le détaguage. Deuxièmement, on va former davantage de personnel et augmenter l’équipe anti-tags. Enfin, il faut absolument former une équipe d’agents assermentés qui pourront sanctionner les fautifs en matière de propreté». A signaler aussi que le produit utilisé pour le nettoyage des murs serait sensible au froid. Autrement dit, pas de service anti-tags lorsqu’il fait moins de 8 degrés à l’extérieur.

IXELLES : Parking sous ou sur la place Flagey?


Alors que le chantier Flagey est encore loin d’être achevé, une nouvelle controverse a surgi sur la question de savoir si le parking viendrait sous ou sur la place. Tous, y compris les autorités communales, préfèrent un parking souterrain. Mais voilà: ce dernier est inondable…

Le bassin d’orage de la place Flagey, fonctionnel depuis fin juin, sera achevé d’ici deux mois, après l’installation de tous les équipements. Restera encore l’aménagement de la surface de la place. Mais, pour l’heure, une incertitude existe sur le devenir du vide technique (espace juste au-dessus de la dalle recouvrant le bassin d’orage) qui devrait abriter un parking souterrain de 186 places.
Tout semble remis en question depuis l’annonce faite par la Région que ce vide technique pourrait être inondable par temps de très fortes pluies. Des clapets relieront en effet le bassin au parking, afin de libérer l’eau excédentaire du bassin. D’où des risques d’inondations. Le bourgmestre Willy Decourty, premier concerné puisque le parking sera financé et géré par la commune, dit ne pas pouvoir prendre un tel risque pour la sécurité des automobilistes. Sans compter les dommages que pourraient subir les véhicules stationnés dans ce futur parking. Plutôt que d’encourir ce risque, il préfère carrément l’aménagement de places de stationnement en surface. La Région bruxelloise, qui gère la place Flagey, refuse.
Des années d’études pour arriver à cette impasse
Rétroactes de cette polémique. Lorsque la commune et la Région ont décidé, fin des années 90, de la construction de ce bassin d’orage à la place Flagey, pour prévenir les inondations dans la rue Gray, initialement il n’était pas planifié d’aménager un vide technique. A la demande de la commune, les plans ont été modifiés de manière à créer cet espace, aux frais d’ailleurs d’Ixelles. Le but pour celle-ci était évidemment d’y prévoir, plus tard, un parking souterrain. Elle assuma à la fois le financement et la transformation de ce vide technique en parking. Une convention signée à l’époque en attesterait.
«Pourtant, tous les intervenants savaient dès le départ que ce vide technique serait inondable», assure Jean-Pol Rosière, ingénieur-directeur à l’administration de l’eau de la Région. Pourquoi, alors qu’on a créé un bassin de 33.000 m3, existe-t-il ce risque d’inondations? «Il y a deux raisons», répond l’ingénieur. «Il est important d’assurer la communication entre le bassin et le vide technique via des clapets (en fait des soupiraux). D’abord, si le bassin d’orage, suite à des très fortes pluies, venait à se remplir, la masse d’eau exercerait une pression énorme sur la dalle recouvrant le bassin. Cette dalle serait endommagée. Il faudrait évidemment que ces pluies soient exceptionnelles, de l’ordre de 60 millimètres par heure (en comparaison, sur une année, la moyenne est de 830 mm). Le genre de pluies qui ne surviennent pas tous les dix ans mais peut-être tous les 15 ou 20 ans. Peut-être que le bassin d’orage de Flagey ne sera jamais rempli totalement, mais évidemment dans ce genre de catastrophes naturelles, il n’y a pas de certitude absolue ou de risque zéro. Deuxième raison de l’existence des clapets. Le parking est évidemment relié à la surface par une rampe d’accès. Imaginons qu’en cas de fortes pluies, les avaloirs en surface se bouchent par des feuilles, du papier, etc. L’eau va s’engouffrer dans le parking via la rampe d’accès. Là aussi pour éviter une masse d’eau pesant sur la dalle, il est nécessaire de l’évacuer, cette fois, dans le bassin d’orage. Cela va donc dans les deux sens».
Selon la Région, lorsque la commune a décidé de prendre en charge la construction de son parking, elle était au courant de ces «détails techniques». «Mais ce qui est valable pour ce parking l’est aussi pour toute autre infrastructure souterraine», ajoute Jean-Pol Rosière. «Récemment, le métro de Roodebeek a été inondé. Cela peut survenir aussi ailleurs. Je pense que la meilleure solution serait d’interdire l’accès au parking les jours de risque».
Reste que la commune avait proposé une alternative à ces fameux clapets: évacuer l’excès d’eau non pas vers le parking mais vers les étangs d’Ixelles. «Sur papier, cela semble parfait», répond l’ingénieur. «On pourrait imaginer un déversoir à hauteur de l’avenue des Eperons d’Or. Mais accepte-t-on d’envoyer des eaux usées vers un site classé? De plus, ce ne serait pas une solution miracle».
Bref, après avoir dépensé environ 40 millions d’euros (1,6 milliard de francs) dans la construction d’un bassin d’orage (initialement estimé à 25 millions d’euros), et plusieurs années d’études, commune et Région se trouvent face à un dilemme: garder ou abandonner l’idée d’un parking souterrain. Le bourgmestre Willy Decourty préfère encore réintroduire le stationnement en surface à la place Flagey. La Région, dont dépend cet aménagement de surface, marque son refus.