Suite de la saga des trams à la place Vanderkindere: le tram 23 continuera à traverser ce fameux carrefour, alors qu’il devait s’agir d’un terminus pour cette ligne. La Stib affirme que ce sera provisoireJacques Baiverlin, un ingénieur civil retraité, observe du haut du balcon de son appartement à l’avenue Winston Churchill, les encombrements de trafic à la place Vanderkindere. Homme cartésien, il se dit en toute logique qu’avec l’arrivée des nouveaux trams, plus longs, de la Stib la circulation à ce carrefour pourrait tourner au cauchemar. Petit récapitulatif du problème: la Stib qui s’est dotée de nouveaux trams réorganise son réseau. A l’avenir donc, pour améliorer la desserte, le tram 23, qui relie actuellement le Heysel à Vanderkindere (renforcée par le tram 24, une ligne de soutien), doit impérativement posséder, selon la Stib, un terminus à ce carrefour. Les trams de la ligne 3, qui va de la gare du Nord au rond-point Churchill, traversent également la place Vanderkindere. Dès l’année prochaine, cette ligne, à part entière, sera renforcée par l’arrivée de nouveaux trams, T4000, qui mesurent 42 mètres de long.
Pourquoi impérativement un terminus à Vanderkindere? Trois autres lignes traversent à ce jour ce carrefour: le tram 91 entre Stalle et Louise, le tram 92 entre Fort Jaco et la Gare de Schaerbeek et le tram 90 entre Rogier et Midi. Ce dernier va disparaître dans les plans de la Stib et sera remplacé par la nouvelle ligne 25 qui ira de Rogier à Boondael(sans plus se rendre vers Uccle). De même, le 91 sera supprimé.
Bref, subsisteront au carrefour Vanderkindere: les trams 23 et 3 (terminus), le 92 (inchangé) et la future ligne 4 (chiffre préféré au 51) entre Stalle et Esplanade. En regroupant toutes ces lignes à la place Vanderkindere, la Stib crée un nœud de jonction permettant aux voyageurs de se diriger dans quatre directions vers Stalle, Louise, Albert (et Gare du Midi), et Buyl (et Montgomery).
L’inquiétude de Jacques Baiverlin est de voir ces trams, plus longs, paralyser le trafic automobile. Or, il a une solution simple. «Trop simple», sourit l’ingénieur. «Ne pourrait-on pas imaginer que tous les trams, à l’exception du 92, qui viennent au rond-point Vanderkindere, s’y arrêtent, débarquent leurs passagers, puis fassent demi-tour? On pourrait imaginer un dispositif de signalisation permettant d’éviter la collision entre les trams 92 et 4 sur l’avenue Brugmann». L’idée est séduisante dans la mesure où le trafic ne serait plus gêné, mais les passagers devraient marcher un peu pour rejoindre leur arrêt suivant. La réplique de la Stib, elle, est prévisible: « Nous avons des horaires à respecter. Le conducteur qui s’arrête à un terminus a un temps de pause. De plus, l’idée de signalisation n’est pas réaliste. Pour que le tram 92 puisse continuer normalement sa route, sans être gêné par le tram 4, il faudrait… une troisième voie contournant les deux autres dans l’avenue Brugmann», répond Jean-Michel Mary, responsable à la direction du développement du réseau.
Le «90» disparaît au mois d’avril
Tout récemment, Jacques Baiverlin vient d’apprendre que le tram 23, dont le terminus avait été annoncé à Vanderkindere, poursuivrait finalement son chemin au-delà vers la Gare du Midi. Là on y perd carrément son latin. «Il est vrai que le tram 23 continuera sa route vers Midi», admet Jean-Michel Mary. «Mais ce sera provisoire. Le projet de restructuration est réalisé par phases. Au mois d’avril, la ligne 25, qui remplacera la ligne 90, se rendra à Boondael. Pour compenser cette perte, la ligne 23 continuera jusqu’à Midi».

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