
Alors que le chantier Flagey est encore loin d’être achevé, une nouvelle controverse a surgi sur la question de savoir si le parking viendrait sous ou sur la place. Tous, y compris les autorités communales, préfèrent un parking souterrain. Mais voilà: ce dernier est inondable…
Le bassin d’orage de la place Flagey, fonctionnel depuis fin juin, sera achevé d’ici deux mois, après l’installation de tous les équipements. Restera encore l’aménagement de la surface de la place. Mais, pour l’heure, une incertitude existe sur le devenir du vide technique (espace juste au-dessus de la dalle recouvrant le bassin d’orage) qui devrait abriter un parking souterrain de 186 places.
Tout semble remis en question depuis l’annonce faite par la Région que ce vide technique pourrait être inondable par temps de très fortes pluies. Des clapets relieront en effet le bassin au parking, afin de libérer l’eau excédentaire du bassin. D’où des risques d’inondations. Le bourgmestre Willy Decourty, premier concerné puisque le parking sera financé et géré par la commune, dit ne pas pouvoir prendre un tel risque pour la sécurité des automobilistes. Sans compter les dommages que pourraient subir les véhicules stationnés dans ce futur parking. Plutôt que d’encourir ce risque, il préfère carrément l’aménagement de places de stationnement en surface. La Région bruxelloise, qui gère la place Flagey, refuse.
Tout semble remis en question depuis l’annonce faite par la Région que ce vide technique pourrait être inondable par temps de très fortes pluies. Des clapets relieront en effet le bassin au parking, afin de libérer l’eau excédentaire du bassin. D’où des risques d’inondations. Le bourgmestre Willy Decourty, premier concerné puisque le parking sera financé et géré par la commune, dit ne pas pouvoir prendre un tel risque pour la sécurité des automobilistes. Sans compter les dommages que pourraient subir les véhicules stationnés dans ce futur parking. Plutôt que d’encourir ce risque, il préfère carrément l’aménagement de places de stationnement en surface. La Région bruxelloise, qui gère la place Flagey, refuse.
Des années d’études pour arriver à cette impasse
Rétroactes de cette polémique. Lorsque la commune et la Région ont décidé, fin des années 90, de la construction de ce bassin d’orage à la place Flagey, pour prévenir les inondations dans la rue Gray, initialement il n’était pas planifié d’aménager un vide technique. A la demande de la commune, les plans ont été modifiés de manière à créer cet espace, aux frais d’ailleurs d’Ixelles. Le but pour celle-ci était évidemment d’y prévoir, plus tard, un parking souterrain. Elle assuma à la fois le financement et la transformation de ce vide technique en parking. Une convention signée à l’époque en attesterait.
«Pourtant, tous les intervenants savaient dès le départ que ce vide technique serait inondable», assure Jean-Pol Rosière, ingénieur-directeur à l’administration de l’eau de la Région. Pourquoi, alors qu’on a créé un bassin de 33.000 m3, existe-t-il ce risque d’inondations? «Il y a deux raisons», répond l’ingénieur. «Il est important d’assurer la communication entre le bassin et le vide technique via des clapets (en fait des soupiraux). D’abord, si le bassin d’orage, suite à des très fortes pluies, venait à se remplir, la masse d’eau exercerait une pression énorme sur la dalle recouvrant le bassin. Cette dalle serait endommagée. Il faudrait évidemment que ces pluies soient exceptionnelles, de l’ordre de 60 millimètres par heure (en comparaison, sur une année, la moyenne est de 830 mm). Le genre de pluies qui ne surviennent pas tous les dix ans mais peut-être tous les 15 ou 20 ans. Peut-être que le bassin d’orage de Flagey ne sera jamais rempli totalement, mais évidemment dans ce genre de catastrophes naturelles, il n’y a pas de certitude absolue ou de risque zéro. Deuxième raison de l’existence des clapets. Le parking est évidemment relié à la surface par une rampe d’accès. Imaginons qu’en cas de fortes pluies, les avaloirs en surface se bouchent par des feuilles, du papier, etc. L’eau va s’engouffrer dans le parking via la rampe d’accès. Là aussi pour éviter une masse d’eau pesant sur la dalle, il est nécessaire de l’évacuer, cette fois, dans le bassin d’orage. Cela va donc dans les deux sens».
Selon la Région, lorsque la commune a décidé de prendre en charge la construction de son parking, elle était au courant de ces «détails techniques». «Mais ce qui est valable pour ce parking l’est aussi pour toute autre infrastructure souterraine», ajoute Jean-Pol Rosière. «Récemment, le métro de Roodebeek a été inondé. Cela peut survenir aussi ailleurs. Je pense que la meilleure solution serait d’interdire l’accès au parking les jours de risque».
Reste que la commune avait proposé une alternative à ces fameux clapets: évacuer l’excès d’eau non pas vers le parking mais vers les étangs d’Ixelles. «Sur papier, cela semble parfait», répond l’ingénieur. «On pourrait imaginer un déversoir à hauteur de l’avenue des Eperons d’Or. Mais accepte-t-on d’envoyer des eaux usées vers un site classé? De plus, ce ne serait pas une solution miracle».
Bref, après avoir dépensé environ 40 millions d’euros (1,6 milliard de francs) dans la construction d’un bassin d’orage (initialement estimé à 25 millions d’euros), et plusieurs années d’études, commune et Région se trouvent face à un dilemme: garder ou abandonner l’idée d’un parking souterrain. Le bourgmestre Willy Decourty préfère encore réintroduire le stationnement en surface à la place Flagey. La Région, dont dépend cet aménagement de surface, marque son refus.
«Pourtant, tous les intervenants savaient dès le départ que ce vide technique serait inondable», assure Jean-Pol Rosière, ingénieur-directeur à l’administration de l’eau de la Région. Pourquoi, alors qu’on a créé un bassin de 33.000 m3, existe-t-il ce risque d’inondations? «Il y a deux raisons», répond l’ingénieur. «Il est important d’assurer la communication entre le bassin et le vide technique via des clapets (en fait des soupiraux). D’abord, si le bassin d’orage, suite à des très fortes pluies, venait à se remplir, la masse d’eau exercerait une pression énorme sur la dalle recouvrant le bassin. Cette dalle serait endommagée. Il faudrait évidemment que ces pluies soient exceptionnelles, de l’ordre de 60 millimètres par heure (en comparaison, sur une année, la moyenne est de 830 mm). Le genre de pluies qui ne surviennent pas tous les dix ans mais peut-être tous les 15 ou 20 ans. Peut-être que le bassin d’orage de Flagey ne sera jamais rempli totalement, mais évidemment dans ce genre de catastrophes naturelles, il n’y a pas de certitude absolue ou de risque zéro. Deuxième raison de l’existence des clapets. Le parking est évidemment relié à la surface par une rampe d’accès. Imaginons qu’en cas de fortes pluies, les avaloirs en surface se bouchent par des feuilles, du papier, etc. L’eau va s’engouffrer dans le parking via la rampe d’accès. Là aussi pour éviter une masse d’eau pesant sur la dalle, il est nécessaire de l’évacuer, cette fois, dans le bassin d’orage. Cela va donc dans les deux sens».
Selon la Région, lorsque la commune a décidé de prendre en charge la construction de son parking, elle était au courant de ces «détails techniques». «Mais ce qui est valable pour ce parking l’est aussi pour toute autre infrastructure souterraine», ajoute Jean-Pol Rosière. «Récemment, le métro de Roodebeek a été inondé. Cela peut survenir aussi ailleurs. Je pense que la meilleure solution serait d’interdire l’accès au parking les jours de risque».
Reste que la commune avait proposé une alternative à ces fameux clapets: évacuer l’excès d’eau non pas vers le parking mais vers les étangs d’Ixelles. «Sur papier, cela semble parfait», répond l’ingénieur. «On pourrait imaginer un déversoir à hauteur de l’avenue des Eperons d’Or. Mais accepte-t-on d’envoyer des eaux usées vers un site classé? De plus, ce ne serait pas une solution miracle».
Bref, après avoir dépensé environ 40 millions d’euros (1,6 milliard de francs) dans la construction d’un bassin d’orage (initialement estimé à 25 millions d’euros), et plusieurs années d’études, commune et Région se trouvent face à un dilemme: garder ou abandonner l’idée d’un parking souterrain. Le bourgmestre Willy Decourty préfère encore réintroduire le stationnement en surface à la place Flagey. La Région, dont dépend cet aménagement de surface, marque son refus.

1 commentaires:
Je viens de découvrir ce blog "nouvelles bruxelloises".
Je ne cromprends pas cette guerre que se mènent le bourgmestre Willy Decourty et la Région. Ce chantier dure depuis si longtemps. Nous, les commerçants du quartier Flagey, on en a marre que ça traîne.
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