Après le dégraissage de l’an dernier, le site moribond de VW Forest doit finalement sa survie à l’investissement d’Audi qui récupère les infrastructures pour assembler des Audi A3 Sportback (en attendant en 2009 l’Audi A1). Pour marquer ce changement de cap, les dirigeants allemands de l’entreprise automobile ont mis le paquet Show à l’américaine chronométré avec la rigueur allemande, défilé de voitures luxueuses, présentation de clips vidéos vantant les mérites de la marque aux quatre anneaux et séances photos en présence de l'ex-Premier ministre Guy Verhofstadt et de nouveaux directeurs du site bruxellois, Audi n’a pas ménagé ses efforts pour marquer les esprits: désormais VW Forest s’appellera Audi Brussels. La perte des 3.000 emplois n’est plus qu’un mauvais souvenir à en croire les dirigeants allemands qui assurent la pérennité de l’usine bruxelloise. «La situation de départ n’était pas simple» raconte Martin Winterkorn, le président du directoire de VW, venu à Bruxelles avec Ferdinand Piëch, le grand boss du groupe allemand. «On s’est réuni pour trouver la meilleure solution pour Bruxelles dans une atmosphère constructive. Le résultat est respectable. Avec Audi, Bruxelles obtient un partenaire fort».
Un partenaire qui a enregistré 900.000 ventes l’an dernier, qui vise le million cette année, et le million et demi en 2015. «Audi accumule depuis 12 ans les records», assure Rupert Stadler, président du directoire d’Audi. «Si, actuellement, notre marque compte 22 modèles, à l’avenir nous voulons en proposer 40. Pour atteindre ces objectifs, nous comptons sur la main d’œuvre qualifiée de Bruxelles».
Forest, avec ses 2.200 ouvriers rescapés de la restructuration de l’an dernier, produira 17.000 exemplaires de l’Audi A3 Sportback (en plus des Golf et Polo) cette année. L’entreprise garantit jusqu’en 2009 un volume de commande annuelle de 84.000 véhicules Audi et VW. Fin 2009, l’Audi A1 débarquera également sur la chaîne de montage. La cadence de production est estimée à 100.000 autos par an.
Les syndicalistes, présents au baptême d’Audi, ont expliqué leur satisfaction quant à la reprise d’Audi, mais ils nourrissent toujours des inquiétudes sur les conditions de travail qui sont encore loin d’être finalisées. La nouvelle convention collective mentionne notamment une réduction des charges salariales de 20% d’ici 2009 en échange de la garantie d’emploi jusqu’en 2010, ainsi que le passage de 36 aux 38 heures de travail par semaine sans compensation salariale. Les discussions doivent être achevées pour fin juin.


